Manifestations du 10 septembre 2025

Les manifestations du 10 septembre 2025 en France et le hashtag #SansMoiLe10Septembre : un mouvement de manifs en gestation
Manifestations du 10 septembre 2025Depuis la mi-juillet 2025, un appel à une mobilisation nationale le 10 septembre circule sur les réseaux sociaux, porté par le collectif « Bloquons Tout ! » et le hashtag #Mobilisation10Septembre ou encore #blocage10septembre.

Ce mouvement, qui ambitionne un « arrêt total et illimité du pays », s’oppose au plan budgétaire de 2026 présenté par le Premier ministre François Bayrou, prévoyant 43 à 44 milliards d’euros d’économies, incluant des mesures controversées comme la suppression de deux jours fériés, le gel des prestations sociales et des coupes dans les services publics.




En parallèle, un contre-mouvement émerge avec le hashtag #SansMoiLe10Septembre, reflétant des voix divergentes sur cette mobilisation. Voici un tour d’horizon des deux phénomènes, sans parti pris, basé sur les informations disponibles.

Origines et revendications du mouvement « Bloquons Tout ! »

Le mouvement « Bloquons Tout ! » est né sur les réseaux sociaux, notamment via une vidéo publiée le 14 juillet 2025 sur le compte TikTok « Les Essentiels », une organisation prônant une « France souveraine ». Cet appel, initialement relayé par des figures proches des Gilets jaunes comme Anaïs Albertini, s’est structuré avec la création du site mobilisation10septembre.blog le 19 juillet.

Aujourd’hui, je me demande si ce site a été supprimé, car je ne le trouve pas…

Le collectif, se présentant comme apolitique et composé de citoyens « épuisés, invisibles, pressés comme des citrons », dénonce l’austérité imposée par le plan Bayrou, qu’il juge injuste envers les travailleurs et les plus fragiles.




Les revendications incluent :

  • Boycott : Cesser les achats dans les grandes enseignes (Carrefour, Auchan, Amazon), retirer l’argent des grandes banques et limiter la consommation à l’essentiel (paiement en espèces recommandé).
  • Désobéissance civile : Occupations pacifiques de lieux symboliques (mairies, préfectures), blocages ciblés de routes ou de dépôts logistiques, et ralentissement volontaire dans les services publics.
  • Solidarité citoyenne : Création de caisses de grève locales et coordination dans les quartiers et villages.

Le choix du 10 septembre, un mercredi, intrigue, car il diffère des samedis privilégiés par les Gilets jaunes en 2018. Selon l’historien Stéphane Sirot, ce jour ouvrable implique une organisation plus complexe, notamment pour les grèves, qui nécessite un savoir-faire syndical. Le mouvement se veut indépendant des syndicats et des partis politiques, bien que des relais de gauche, comme La France insoumise (LFI), les Écologistes et le Parti communiste, aient annoncé leur soutien.

LFI, par exemple, appelle à rejoindre les collectifs locaux pour amplifier la mobilisation, tandis que le Parti socialiste adopte une position plus réservée, soutenant le mouvement social sans s’y engager pleinement. À l’extrême droite, le Rassemblement national (RN) reste distant, certains de ses membres craignant une récupération par la gauche.

Ampleur et organisation

Le mouvement a pris de l’ampleur sur TikTok, Instagram, X, et Telegram, avec des milliers de publications quotidiennes, selon une étude de Visibrain. Des visuels, tracts et une carte des rassemblements prévus à travers la France circulent, bien que les détails des actions restent flous.

On nous demande ne plus consommer, ne plus travailler, de garder les enfants à la maison, et de privilégier les paiements en espèces pour limiter les transactions numériques.

Des comptes comme « Convoi de la Liberté » et « Les Insurgés » amplifient l’appel, rappelant l’esprit des Gilets jaunes de 2018, né en réaction à la hausse des prix du carburant. Cependant, les autorités et les analystes notent que la mobilisation reste largement virtuelle pour l’instant. Le gouvernement surveille le phénomène sans s’alarmer, certains conseillers qualifiant le mouvement de « viral » mais doutant de sa concrétisation physique.




Les forces de l’ordre, citées par Franceinfo, estiment que « l’activité numérique ne s’est pas encore concrétisée » et adoptent une posture prudente, rappelant les débuts imprévisibles des Gilets jaunes.

Le hashtag #SansMoiLe10Septembre

Une voix dissidente

Parallèlement, le hashtag #SansMoiLe10Septembre émerge comme une réaction critique au mouvement « Bloquons Tout ! ». Utilisé notamment dans un post du 21 août 2025 par @upgradepcfr sur X, ce hashtag semble exprimer une opposition ou une réticence à participer à la mobilisation.

Le message associé critique les partis et syndicats, qualifiant le mouvement de « fliqué » et suggérant qu’une grève sauvage, hors des cadres traditionnels, pourrait être plus efficace. Ce hashtag reflète une fracture dans l’opinion publique : certains rejettent l’idée d’un mouvement perçu comme désorganisé ou politisé, tandis que d’autres préfèrent des formes d’action alternatives.

Réactions et incertitudes

Les syndicats, bien que critiques des mesures budgétaires de Bayrou, restent prudents. La CGT, FO, et Sud-Rail envisagent des actions séparées, comme des grèves dès le 1er ou 2 septembre, mais hésitent à s’associer pleinement à un mouvement perçu comme hétérogène, mêlant sensibilités d’extrême droite et de gauche.

Thomas Vacheron (CGT) souligne l’importance d’un cadre syndical pour une grève efficace, tandis que l’intersyndicale se réunira le 1er septembre pour définir sa stratégie.

Le sociologue Jean Viard, cité par TF1 Info, voit dans ce mouvement un écho des Gilets jaunes, alimenté par un sentiment de mépris des élites. Cependant, il note son caractère « spontané, désorganisé » et parfois contradictoire, ce qui pourrait limiter son impact.

Le gouvernement, via la porte-parole Sophie Primas, suit l’appel « avec attention », tandis que Bayrou tente de désamorcer la colère via des podcasts explicatifs sur YouTube.

Perspectives

À trois semaines de l’échéance, le 10 septembre 2025 s’annonce comme une date clé pour mesurer l’ampleur de la contestation sociale en France. Si le mouvement « Bloquons Tout ! » parvenait à mobiliser au-delà des réseaux sociaux, il pourrait rappeler l’intensité des Gilets jaunes. Cependant, son caractère décentralisé, l’absence de leaders identifiés et les divergences politiques pourraient freiner sa concrétisation.

Le hashtag #SansMoiLe10Septembre, bien que moins visible, témoigne d’une diversité d’opinions, certains préférant se désengager ou proposer d’autres formes de résistance.

La rentrée s’annonce tendue, avec des actions syndicales parallèles (SNCF, hôpitaux, taxis) et un débat budgétaire prévu début octobre. Le succès ou l’échec des manifs du 10 septembre dépendra de la capacité des organisateurs à transformer la colère virtuelle en mobilisation concrète, tout en évitant les récupérations partisanes.

Sources :

  • Franceinfo, 29/07/2025 et 25/07/2025
  • CNews, 20/08/2025
  • RTL, 24/07/2025
  • Libération, 20/08/2025
  • Ouest-France, 21/08/2025
  • Le Figaro, 23/07/2025
  • L’Humanité, 22/07/2025
  • Posts sur X, 08/08/2025 et 21/08/2025

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